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mardi 8 novembre 2022

Fortuné Sossa attaqué, le Cc-Ajca riposte en plusieurs points

Dans le cadre d’une Déclaration qu’il a rendue publique


Le samedi 5 novembre 2022, le Cadre de Concertation des associations de journalistes culturels et assimilés (Cc-Ajca) a largement diffusé une Déclaration à Cotonou. Elle réagissait aux attaques verbales du journaliste culturel béninois, Fortuné Sossa, par un acteur culturel du nom de Bonaventure Donou, alias Bobo D. Elles ont eu lieu suite à la publication par l’homme des médias, dans le groupe ’’Whatsapp’’, ’’Sauvons notre culture’’, du lien d’un article qu’il avait produit sur son site Internet pour évoquer la rencontre du ministre de la culture, Jean-Michel Abimbola, avec les acteurs culturels sur les perspectives après la dissolution du Fonds des Arts et de la culture (Fac) par le gouvernement béninois. Ainsi, le Cc-Ajca a émis plusieurs points comme pour mettre les pendules à l’heure au niveau des acteurs culturels béninois.


Fortuné Sossa

13 points cinglants. L’essentiel du contenu de la Déclaration que le Cadre de Concertation des associations des journalistes culturels et assimilés (Cc-Ajca) a fait connaître depuis le 5 novembre 2022, à Cotonou, en réaction à un message audio qu’a publié l’acteur culturel béninois, Bonaventure Donou, alias Bobo D, sur le forum du réseau social ’’Whatsapp’’, dénommé ’’Sauvons notre culture’’, après que le journaliste culturel, Fortuné Sossa, avait préalablement posté sur le forum concerné le lien de son article de compte-rendu concernant la séance de travail du ministre de la culture, Jean-Michel Abimbola, avec les acteurs culturels sur les lendemains à attendre de la dissolution par le gouvernement béninois du Fonds des Arts et de la culture (Fac).

Sur le fondement de deux éléments-témoins que sont l’article de Fortuné Sossa et la transcription du message audio de Bonaventure Donou, les quatre signataires de la Déclaration, siégeant au sein du Cc-Ajca, que sont Armand Vidégla, Happy Goudou, Marcel Kpogodo et Elliot Djodji, respectivement, présidents de l’Association des Journalistes culturels du Bénin (Ajcb), du Réseau des Journalistes et animateurs culturels, du ’’Noyau critique’’ et de l’Association des Animateurs et présentateurs du Bénin (Aap-Bénin), se sont montrés préoccupés, « outrés » et « indignés » par les propos insultants et méprisants de Bobo D vis-à-vis de Fortuné Sossa. Ensuite, ils ont réalisé 13 points de rappel de la fonction réelle du journaliste culturel, de la manifestation de ses relations avec les acteurs culturels et du défi qui incombe aux deux parties à relever face à l’Etat béninois, pour le fonctionnement épanouissement du secteur culturel béninois. Enfin, les quatre signataires ont assorti leur Déclaration d'une menace de représailles d'ordre professionnel et de poursuites judiciaires.

Marcel Gangbè-Kpogodo

 


Intégralité de la Déclaration du Cc-Ajca et des deux éléments-témoins


DECLARATION DU CADRE DE CONCERTATION DES ASSOCIATIONS DE JOURNALISTES CULTURELS ET ASSIMILES (CC-AJCA)

Contre « Les Atteintes à la Liberté de Presse »

 

Une fois de plus se sont manifestés le mépris, l’aigreur, l’infantilisation et, notamment, la haine, envers les journalistes culturels béninois. A la différence des occasions précédentes d’expression de ces sentiments et de ces comportements, celle dont il s’agit est ouverte, publique. Les journalistes culturels béninois se trouvent, par conséquent, officiellement vilipendés, voués aux gémonies par certains artistes.

Outrées et indignées de cette situation, les associations de journalistes culturels que sont : l’Association des Journalistes Culturels du Bénin (AJCB), le Réseau des Journalistes et des Animateurs Culturels (REJAC), Le Noyau Critique (NC) et l’Association des Animateurs et Présentateurs du Bénin (AAP-Bénin), se saisissant du cas de l’opprobre qui a été jeté sur tout une corporation, se sont réunies le samedi 05 novembre 2022 à Cotonou, au sein du Cadre de Concertation des Associations de Journalistes Culturels et Assimilés (CC-AJCA) où siègent leurs présidents et secrétaires généraux respectifs, afin d’étudier la situation et d’y réagir aussi formellement et publiquement que la honte qui a été gratuitement lancée sur l’ensemble des journalistes culturels béninois.

La situation en question est relative à la publication par le journaliste culturel béninois, Monsieur Fortuné SOSSA, sur le site Internet d’informations, dont il est le fondateur, www.lamarcherepublicaine.com, le mercredi 26 octobre 2022, d’un article de compte-rendu, relatant la rencontre qu’a tenue le ministre du tourisme, de la culture et des arts, Jean-Michel ABIMBOLA, avec les artistes et les acteurs culturels, le vendredi 21 octobre 2022, à Cotonou, pour les informer de la vision du gouvernement béninois concernant le financement des initiatives culturelles, suite à la dissolution, en Conseil des Ministres, du Fonds des Arts et de la Culture (FAC). L’article indiqué s’intitule : « Le ministre ABIMBOLA aux artistes : Plus de financement à fonds perdus à 100% ».

Comme cela s’impose, depuis quelques années, à tout journaliste, en général, et à celui culturel, en particulier, contraint de se conformer à la nouvelle donne de floraison et d’activités efficaces des réseaux sociaux pour l’information et la communication, après avoir mis en ligne son article, Monsieur Fortuné SOSSA s’est fait le devoir d’en partager le lien, https://lamarcherepublicaine.com/index.php/culture/522-le-ministre-abimbola-aux-artistes-plus-de-financement-a-fonds-perdu-a-100, au niveau des forums ’’Whatsapp’’, auxquels il appartient.

Parmi ces espaces, il l’a publié sur ’’Sauvons Notre Culture’’, un forum dédié aux échanges des membres sur les faits culturels. Il a effectué ce partage le mercredi 26 octobre 2022 à 17 heures 51 minutes.

Cet acte de diffusion a suscité, de certains membres du forum concerné, et, notamment, de Monsieur Bonaventure DONOU, dit Bobo D, diverses réactions si hostiles et si graves que l’un des administrateurs s’est vu obligé de les supprimer, allant même jusqu’à exclure Monsieur Fortuné SOSSA du forum et, à l’y réintégrer le lendemain.

Le remarquablement étrange parmi les actes d’hostilité envers l’article du confrère Fortuné SOSSA est le partage sur le forum, ’’Sauvons Notre Culture’’, d’un message audio de 6 minutes 17 secondes, le mercredi 26 octobre 2022, à 19 heures 17 minutes, par Monsieur Bonaventure DONOU, alias Bobo D.

Ce message audio invective vivement Monsieur Fortuné SOSSA, comme si le journaliste culturel qu’il est et qui, plus est, ancien Président de l’Association des Journalistes Culturels du Bénin (AJCB), faisait l’objet d’une haine particulièrement vécue à son endroit par Monsieur Bonaventure DONOU.

Compte tenu de la gravité des actes contenus dans le message audio diffusé par Monsieur Bonaventure DONOU et, relayé à loisir sur bon nombre d’autres forums ’’Whatsapp’’, le Cadre de Concertation des Associations de Journalistes Culturels et Assimilés (CC-AJCA) saisit l’opportunité de la présente Déclaration pour réaliser les mises au point ci-après :

 

1.         Comme tout journaliste, le journaliste culturel, de par sa formation, s’astreint à produire l’information en toute impartialité, sans obligation de prendre position en faveur ou en défaveur de la personnalité au centre de l’événement d’exploitation ayant servi de fondement à la rédaction de l’article ;

 

 

2.         Comme tout journaliste, le journaliste culturel produit l’information, selon des règles déontologiques bien définies, sans se mettre sous le prisme de plaire ou de ne pas plaire à qui que ce soit ;

 

3.         Comme tout journaliste, le journaliste culturel n’est en rien un activiste des réseaux sociaux mais un technicien avéré, du fait de sa soumission à des principes de travail, ce qui garantit sa crédibilité ;

 

4.         Un activiste des réseaux sociaux ne peut jamais remplacer un journaliste culturel dans son travail, car ne disposant pas de la formation technique et professionnelle que détient l’acteur des médias, qui s’appuie quotidiennement sur sa formation pour effectuer ses productions ;

 

5.         Comme tout journaliste, le journaliste culturel exerce un métier et non un loisir, ce qui sous-entend qu’il doit attendre une bonne rémunération de son travail ;

 

6.         Comme tout journaliste, le journaliste culturel ne participe pas à un événement culturel s’il n’y est pas dûment invité, à moins qu’il décide, de son propre chef, d’y être présent, pour des motifs personnels ;

 

7.         Comme tout journaliste, le journaliste culturel peut exercer son métier, en tant que travailleur au sein d’une rédaction, ou comme travailleur indépendant en free-lance, avec tout ce que cela suppose comme la manifestation de sa liberté de mettre en place une entreprise ou un système de fonctionnement professionnel au modèle économique bien défini. Les artistes et autres acteurs culturels béninois doivent profondément et définitivement se laver la mentalité de l’idée selon laquelle le journaliste culturel existe pour travailler pour eux de manière bénévole, étant donné que son travail lui permet de nourrir sa famille et de faire face à ses autres charges, au point de vue social ;

 

8.         Contrairement à l’idée communément véhiculée, le journaliste culturel ne doit pas sa vie ni son épanouissement professionnel aux artistes ni aux autres acteurs culturels même s’ils sont, à des moments donnés, une source d’information, vu que le journalisme culturel explore des champs plus vastes, plus larges et plus inattendus, allant au-delà du secteur des arts ;

 

9.         Monsieur Bonaventure DONOU donne l’impression de ne pas savoir de quoi il parle en évoquant le Fonds d’Aide à la Culture (FAC) qui n’est plus une institution figurant dans le dispositif technique du ministère béninois de la culture, ce qui constitue une méprise grave de la part du concerné ;

 

10.       Concernant le Fonds des Arts et de la Culture (FAC), l’institution ayant été créée par l’Etat béninois, en remplacement de l’ex-Fonds d’Aide à la Culture (FAC), elle ne régule pas non plus la corporation des journalistes culturels béninois, celle-ci qui est séculaire, avec des noms illustres l’ayant animée, tels que ceux de Feu Michée BOKO, de Monsieur Pascal ZANTOU, de surcroît, ancien Conseiller à la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) et de Monsieur Luc Aimé DANSOU, autant de personnalités qui n’ont pas dû leur carrière, comme journalistes culturels, à l’ex-FAC, et, mieux, n’ont pas laissé un tel héritage de dépendance à l’actuelle génération de journalistes culturels dont Monsieur Fortuné SOSSA est l’un des plus vaillants animateurs ;

 

11.       N’en déplaise à monsieur Bonaventure DONOU, les journalistes culturels, au-delà de leur étiquette de professionnels des médias, sont, en bonne et due forme, des acteurs culturels, étant donné qu’ils animent, au sein de l’industrie culturelle, un maillon fondamental, celui de la promotion, d’où monsieur Bonaventure DONOU devra souffrir, qu’à des moments donnés, des associations de journalistes culturels puissent postuler à des guichets de financement, afin d’obtenir des subventions pour leurs activités, au même titre que toute association culturelle ;

 

12.       Que le Fonds des Arts et de la Culture (FAC) existe ou soit dissout, cela n’entame en rien l’existence et l’exercice d’ordre professionnel des journalistes culturels qui, à titre individuel, animent le secteur d’activités, qui reste le leur, par vocation, sans attendre quelque aide de quelque genre que ce soit de l’Etat béninois, si ce n’est l’assurance de la régulation efficace et productive du secteur des arts et de la culture ;

 

13.       Dans le ton d’une violence inouïe véhiculée dans son message audio, monsieur Bonaventure DONOU laisse croire que les artistes et autres acteurs culturels, d’une part, et les journalistes culturels, d’autre part, sont en guerre, ce qui n’est aucunement le cas, si ce n’est lui qui s’acharne à entretenir une véritable animosité contre les professionnels des médias. Pourtant, ceux-ci, s’étant donné la vocation de traiter et de diffuser l’information liée aux arts et à la culture, participent à l’animation de ce secteur. Il est donc indispensable de garder à l’esprit que les journalistes culturels, les artistes et autres acteurs culturels béninois ont un combat extrêmement pertinent et plus important à mener, un défi commun de taille à relever face à l’Etat béninois, celui de la structuration durable et bien établie de l’industrie des arts, tous secteurs confondus. Ainsi, tous les artistes qui y exercent pourront jouir des fruits de leurs efforts de mise sur le marché de leurs productions artistiques et seront capables de faire circuler à travers notre pays, dans la sous-région, en Afrique et dans le monde, de manière économiquement rentable, leurs oeuvres, à travers les canaux de diffusion professionnellement appropriés. Cet idéal visé, s’il est atteint, rend naine et inadéquate, stérile et inopérante une situation factice de conflit entre les artistes, les autres acteurs culturels et les journalistes culturels béninois.

 

Compte tenu des considérations précédentes, le CC-AJCA prend à témoin l’opinion publique face à des mesures de rétorsion, que ses membres pourraient être amenés à prendre contre monsieur Bonaventure DONOU, ses acolytes et ses complices, en matière de blocage du relai de leurs activités au niveau des médias béninois voir internationaux.

 

En conséquence, le CC-AJCA ne saurait être tenu responsable des déconvenues consécutives aux mesures de rétorsion, indiquées, en cas de récidive de la part du sieur Bonaventure DONOU. Le CC-AJCA n’exclut aucunement des poursuites judiciaires à l’encontre de monsieur Bonaventure DONOU, en cas de nouveaux actes d’humiliation publique d’un journaliste culturel.

 

 

Fait à Cotonou, le 5 novembre 2022

 

Ont signé :


Pour l’AJCB,                                                                                              

Le Président,                                                                                                   

Armand VIDEGLA

 

Pour le REJAC,

Le Président,

Happy GOUDOU

 

 

Pour Le Noyau Critique

Le Président,

Marcel KPOGODO

 

 

Pour l’AAP-Bénin,

Le Président,

Elliot DJODJI

 


Annexes : Eléments-témoins

 

Elément-témoin 1 : Article de compte-rendu du journaliste culturel, Monsieur Fortuné Sossa

 

Lien Internet : https://lamarcherepublicaine.com/index.php/culture/522-le-ministre-abimbola-aux-artistes-plus-de-financement-a-fonds-perdu-a-100

 

Le ministre Abimbola aux artistes : « Plus de financement à fonds perdu à 100% »

 

CULTURE

26 OCTOBRE 2022

 

Que comprendre du message du ministre du tourisme, de la culture et des arts, Jean-Michel Abimbola, à l’adresse des artistes et autres acteurs culturels ? Assurance, sérénité, mais surtout appel aux initiatives culturelles et créatives.

« La dissolution du Fac ne signifie pas la fin du financement du secteur par l’Etat. Mais désormais ce sera vu sous un autre prisme. » Ainsi a parlé le ministre du tourisme, de la culture et des arts, Jean-Michel Abimbola, aux artistes et autres acteurs culturels. La séance qui s’est déroulé vendredi 21 octobre 2022 dans la salle Vip du ministère a connu la participation d’un nombre très important des intéressés.

La salle était devenue trop petite pour contenir la masse d’acteurs culturels venus écouter le ministre de tutelle. Surtout que 48 heures plus tôt, le gouvernement a acté la dissolution du Fonds des arts et de la culture (Fac) remplacé par une nouvelle structure rattachée directement au Trésor public et dénommée Fonds du développement des arts et de la culture (Fdac).

Ainsi, le financement public des projets culturels et artistique se fera avec plus d’exigence. « Si vous êtes financés, précise le ministre Abimbola, on doit pouvoir compter sur votre cofinancement. » Il explique : « Par exemple, si vous avez un spectacle et qu’il y a une billetterie, on doit pouvoir savoir combien cela vous a rapporté, pas pour vous arracher votre recette encore moins pour vous taxer, mais pour savoir si cela impact positivement. »

L’objectif de cette réforme est d’encourager les industries culturelles et créatives parce qu’insiste le ministre : « Nous estimons que c’est une économie, nous estimons que ce sont des emplois, nous estimons que c’est une richesse ; donc on ne va pas faire ça pour perdre de l’argent mais on doit le faire pour vous faire gagner de l’argent. » Pour ce faire, il est envisagé « des propositions de modèles pour rendre le mécanisme de financement plus souple ». C’est pourquoi, le Fdac sera géré par un comité composé du ministre du tourisme, de la culture et des arts, du ministre des finances et de l’économie puis du responsable du Bureau d’analyse et d’investigation du Président de la République.

Au cours de cette séance de travail, Jean-Michel Abimbola a abordé également d’autres chantiers en cours ou à venir avec les acteurs culturels. Entre autres chantiers dans le secteur des arts et de la culture, le projet de création d’un centre pluridisciplinaire des arts, d’un musée d’art contemporain, d’un conservatoire national de la musique, d’un studio de production, d’une haute école de danse, d’un institut culturel franco-béninois, etc.

Le centre pluridisciplinaire des arts sera un complexe dédié à la formation, la production et la diffusion dans les disciplines que sont : le théâtre, le cinéma, la danse, la musique et les arts plastiques. Il sera implanté à Ouidah sur les installations de l’ancienne usine de Tobaco sur une superficie de 14 hectares. Vingt milliards de francs Cfa seront mobilisés pour sa réalisation.

Le musée d’art contemporain, l’institut culturel franco-béninois seront érigés sur le domaine de l’ex-Ocbn d’une superficie de 15 hectares. L’espace sera dénommé Quartier culturel et créatif de Cotonou. L’endroit abritera également des villas de type Médicis construites pour accueillir des résidences de création de sommités de l’art plastique suivi d’exposition in ou off. Le nouveau centre artisanal de Cotonou y sera également implanté.

En ce qui concerne le cinéma, il sera créé un Bureau de tournage qui permettra d’avoir un guichet unique pour les formalités et la location des équipements, en attendant la concrétisation du studio de production.

Fortuné SOSSA

 


Elément-témoin 2 : Propos en audio de Bobo D, retranscrits

 

« Oui, bonjour, bonsoir, selon l’endroit où nous nous situons.

(En langue nationale béninoise du fon) Je salue tout le monde pour tout ce dont nous avons débattu sur le forum, aujourd’hui : Vieux Kossi, Aldous Azon, Aladji Zoro, la grande dame, Sèna Joy, le doyen AKALA Akambi.

(En langue nationale béninoise du fon) Je salue tous ceux qui sont intervenus sur l'anniversaire du 26 octobre 1972.

(En langue nationale béninoise du fon) Ce qui s’est passé dans le forum tout à l'heure, je voudrais intervenir là-dessus.

Je salue mes deux jeunes frères. D’abord, Wilfried ZOSSOUNGBO, je te salue. Et, je salue mon frère, Fortuné SOSSA, aussi.

Ce que je veux dire, Fortuné SOSSA, cela s'adresse à toi (En langue nationale béninoise du fon).

Mais, avant que je ne te parle (En langue nationale béninoise du fon), Wilfred, tu avais raison peut-être de dire ce que tu avais dit mais j’ai trouvé que tu as été un peu excessif puisqu'il y a des aînés sur le forum (En langue nationale béninoise du fon).

Je présente les excuses du forum, déjà, à mon frère, LAHA, et à mon frère, Ulrich ADJOVI, et à tous ceux qui ont passé un certain âge et qui sont sur ce forum. Je vous présente toutes les excuses du forum, déjà.

Wilfried, tu as été animé de colère (En langue nationale béninoise du fon), je le comprends. Mais, c’est la façon de dire les choses qui fait … (La suite, en langue nationale béninoise du fon) puisque nous sommes tous des éducateurs et nous savons comment édifier nos enfants à la maison. Même si nous sommes en colère, nous devons savoir nous maîtriser. Bref, mon propos te concernant s’achève là.

Mais, ma question est pour mon frère, SOSSA : monsieur le journaliste culturel, maintenant, tu nous as partagé ce que tu as partagé tout à l’heure, ici. Pourquoi ? Tu n'étais pas sur le forum le jour où le ministre faisait sa conférence avec les artistes, où quelqu'un qui n'est même pas journaliste vous a damé le pion ? Je voudrais parler de mon jeune frère, AZON.

Il vous a damé le pion et c'est lui qui nous a permis, à nous qui sommes en Europe, d'être au courant de tout ce qui se disait dans la salle. C'est votre boulot parce que vous vous dites tous journalistes culturels. Tu n'étais pas sur le forum ? Maintenant, qu'est-ce que tu viens nous poster aujourd’hui ? Tu es le CCOM du ministre ? Qui c’est qui te dit que ce que le ministre a dit nous intéresse ? Parce que, vraiment, on était un bon nombre à être fâchés par rapport à cela. Oui ! Maintenant, tu relaies ça pourquoi ? Tu relaies ça pourquoi ? Tu n'étais pas sur le forum quand AZON a fait ton travail à ta place ?

Vous êtes un certain nombre à dire que vous êtes des journalistes culturels. Quels journalistes culturels ? C'est ce qu'on vous apprend à l'école du journalisme et vous sortez journalistes ? Point barre ! C’est vous qui choisissez la culture parce que la culture est perméable à cela.

Parce qu'il y a un fonds d'aide à la culture, un fonds qui est là, vous vous acharnez tous sur ce fonds-là. Arrêtez un peu ! Arrêtez un peu !

La raison pour laquelle je dis que (En langue nationale béninoise du fon) vous vous acharnez sur ce fonds … Vous aussi, vous avez un fonds dans votre domaine journalistique, non ? YAYI Boni avait créé un fonds. Comme les patrons, là-bas, s’acharnent sur ce fonds, (La suite, en langue nationale béninoise du fon), vous n’en avez plus ; vous devenez tous journalistes culturels pour nous embêter. C’est pour nous embêter. Je dis bien : pour nous embêter.

Moi, j'organise la Fête de la Culture. Toi là, je t'ai vu dans la salle le 19 février passé ? Quel journaliste, soit dit, entre guillemets, « culturel », j’ai vu dans la salle, qui avait payé sa participation pour aider cette culture-là ? Et, vous dites que vous êtes journalistes culturels. Vous n’êtes pas journalistes culturels. Vous êtes journalistes. Retirez le mot ’’culturels’’ et allez vous asseoir, chez vous et, dans votre domaine. Arrêtez ! Je viens de parler de moi.

Il y a mon jeune frère que j’ai produit, Pharaon, qui fait, comment dirai-je, ses ’’Trophées d’Or’’. Je ne vous ai jamais vu écrire quoi que ce soit là-dessus. (La suite en langue nationale béninoise du fon) Avant même que vous ne puissiez écrire quelque chose sur un événement, vous demandez de l’argent. Ouais ! J’en ai gros sur la patate. Cessez de nous mentir. Cessez de nous bleuir. On en a marre !

Puisque tu viens de poster quelque chose sur le forum, ce qui veut dire que tu étais sur le forum la dernière fois quand Aldous AZON a fait ton travail à ta place ! Alors, qu’est-ce que tu viens nous partager quelque chose maintenant ? Cessez de nous prendre pour des naïfs ; on a été à l’école. (La suite en langue nationale béninoise du fon) Nous ne sommes pas votre égal !

Arrêtez de vouloir vous infiltrer chez nous parce qu’il y a un fonds d’aide à la culture. C’est fini ! Il va y avoir des réformes. Nous allons nous lever, nous aussi, et, maintenant, demander au ministère que ce soit nous qui disions qui est journaliste culturel ou pas. Arrêtez ça !

Ce que tu as posté, moi, Bobo D, ça ne m’a pas plu. Je te le dis en direct, flat ; ça ne m’a pas plu. Ce que tu as relayé là, ça ne m’a pas plu.

Et, le jeune Wilfried ZOSSOUNGBO a eu raison de t'attaquer comme il t’a attaqué mais, il a été un peu excessif. Cessez de nous prendre pour des idiots. Nous ne sommes pas des idiots. Et, c’est formel, ce que je suis en train de te dire, mon cher ami, SOSSA. Je te le dis vraiment parce que je le pense ; ça me sort des tripes : ton post m’a vraiment fait mal. Et, je pense que ton post que tu as partagé a fait mal à beaucoup de gens ici.

Bonne soirée à vous ! 

jeudi 12 décembre 2013

Réflexions du metteur en scène béninois, Arsène Kocou Yêmadjè, sur une absurdité au Fitheb


« […] je suis tout aussi occupé que le Ministre de la Culture » 
 
Arsène Kocou Yêmadjè

Le Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) apporte chaque jour son lot de situations ambiguës. Au moment où tout le monde s’interroge sur le sort qui sera réservé à la douzième édition de cet événement culturel d’envergure internationale, une affaire de contrat non honoré vient à nouveau éclabousser cette institution et, par ricochets, le Ministère de la Culture, ce que nous révèle le metteur en scène béninois, Arsène Kocou Yêmadjè, à travers cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder, et qui présente d’ailleurs, sa vision puissante et respectable pour le Fitheb. 


Arsène Kocou Yêmadjè, vous êtes metteur en scène et Directeur de la Compagnie théâtrale Kocou. La situation actuelle au Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) serait en train de perturber le déroulement normal de vos activités professionnelles liées d’ailleurs à la prochaine édition de cette manifestation culturelle. Pouvez-vous en dire un mot ?


Arsène Kocou Yêmadjè : Oui. Très rapidement, je dirai que je suis déçu par la situation, en ce moment. Il n’y a pas longtemps, un appel à candidatures a été lancé par la Direction du Fitheb. A l’issue de cela, Gérard Tolohin et, moi-même, Kocou Yémadjè, tous deux comédiens et metteurs en scène béninois, avons vu nos candidatures retenues. Un contrat a même déjà été signé avec la Direction du Fitheb, depuis le 3 octobre passé. Selon les termes de ce contrat, au plus tard, le 30 novembre, on aurait fini les créations. Celles-ci sont destinées à animer cette salle du Fitheb qui a eu du mal à se faire et que nous avons vu se réaliser, sous la direction de Pascal Wanou, ce que nous saluons jusque-là. Les entre-deux du Fitheb, selon les termes de cette institution, c’est ce qu’on appelle des animations entre deux éditions du Fitheb. Donc, le Festival, en principe, doit pouvoir produire et accompagner des artistes mais, cela, nous ne le voyons que pendant le mandat de M. Pascal Wanou. Nous le saluons aussi d’ailleurs. Il y a des lectures-spectacle que nous faisons, ce qui fait que la maison bouge.
Les créations devaient être faites pour animer la grande salle du Fitheb. Il est dit que ces spectacles pourraient éventuellement participer à l’édition prochaine du Festival.  Apparemment, M. Pascal Wanou, Directeur du Fitheb, ne maîtrise pas la situation, puisqu’il a signé jusqu’aux chèques. Qu’est-ce qui fait que, jusque-là, l’argent n’est pas débloqué pour que des artistes travaillent ? Est-ce au niveau du ministère que se pose le problème ? M. le Ministre  de la culture pourrait nous élucider la situation !? Je voudrais bien.
Nous autres, artistes, sommes des gens très occupés. Je suis donc tout aussi occupé que le Ministre de la Culture, tout aussi occupé que les cadres du Ministère de la Culture, tout aussi occupé que M. le Président de la République qui est un citoyen béninois. Alors, je souhaiterais que, chacun, à son niveau, fasse son travail pour que la nation évolue. Je ne peux pas comprendre qu’après avoir pris cet engagement, qu’après que les artistes qui doivent m’accompagner dans cette aventure ont pris l’engagement de se libérer pour la période de création, que finalement, cela ne se soit pas fait jusque-là. Comment ils nourrissent leur famille et comment je nourris ma famille ? Ce n’est pas nous artistes, qui sommes en train de manquer au contrat. Ce que je veux aujourd’hui, c’est qu’on me dise pourquoi cela ne s’est pas fait. Si M. le Directeur du Fitheb a signé le contrat et même signé les chèques, où se trouve le problème pour que l’argent ne se débloque pas ? Je préfère crier maintenant pour que le Ministre de tutelle lui-même puisse réagir au cas où il ne serait pas au courant de la situation, ce dont je doute fort. J’estime que j’ai le droit de savoir ce qui se passe réellement.
Le Fitheb n’est pas une petite affaire, le Fitheb est une grosse vitrine pour notre pays ; je dirai même, sans vouloir faire des jaloux, au niveau des sportifs, que le Fitheb valorise mieux le Bénin que notre football que nous ne prenons pas véritablement le temps de bien construire. Ce sont les artistes béninois qui font parler du Bénin. Il n’y a pas si longtemps, je discutais avec M. Yves Bourguignon, l’un des pères fondateurs du Fitheb, qui me parlait de l’impact de cette manifestation culturelle sur le palais royal de Porto-Novo quand, dans le temps, il était question de convaincre les dignitaires de cette ville pour qu’ils acceptent que le Fitheb puisse se dérouler au palais royal. Et, quand cela s’est fait, les résultats ont été que les visites au palais se sont multipliées par cent, dès que le Fitheb à commencé à s’y tenir ; les gens venaient de partout, du monde entier, pour le visiter.
Donc, on peut véritablement évaluer ce que c’est que le Fitheb. Pourquoi, à Abidjan, les gens se battent pour que le Masa reprenne ? Il faut qu’on cesse de faire du Fitheb un parent pauvre. C’est, pour moi, l’occasion de remercier tous les gouvernements qui se sont succédé et qui ont continué chacun à leur tour à soutenir le Fitheb. Mais il reste tellement à faire.

Face à l’absence de déblocage des moyens financiers pour mettre en place votre création devant permettre de faire fonctionner la grande salle du Fitheb, confirmez-vous formellement que vous vous êtes rapproché du Directeur du Fitheb pour savoir à quoi serait due cette situation ?
Oui, je me suis rapproché de lui et il m’a dit qu’en principe, tout était fin prêt et, pendant longtemps, lui-même disait que tout allait bien ; la preuve en est qu’à un moment donné, on a dû signer le contrat et, selon lui, d’ici à là, cela devait se débloquer. Jusque-là, cela ne s’est pas fait. A un moment donné, il a fallu attendre que le Conseil d’administration du Fitheb se réunisse, ce qui s’est fait récemment. Le conseil d’administration du Fitheb a été favorable à la poursuite des activités du Directeur actuel, donc au bon fonctionnement du Fitheb. En principe, le contrat et les chèques ayant été signés par celui-ci, le Conseil d’administration étant d’accord pour que les activités se poursuivent, s’il n’y a pas le déblocage des fonds, je ne sais pas où se trouve le problème. Apparemment, le Directeur aussi ne sait pas, jusque-là, pourquoi les fonds ne sont pas débloqués.

Selon lui, qui devrait débloquer les fonds ?
C’est forcément au niveau du Ministère que cela se fait mais, lui, le Directeur, il a fait sa part de travail à cet effet. Si, moi, je monte au créneau pour que le Ministre veuille bien m’entendre, c’est parce que, apparemment, M. le Directeur du Fitheb n’a pas d’autre réponse à me donner. Moi, je voudrais savoir si M. le Ministre est au courant que des créations devraient se faire et que, jusque-là, elles ne sont pas faites pour cette salle du Fitheb qui est réhabilitée et qui doit être animée. Pourquoi, jusque-là, cela n’a pas été fait, alors que c’est prévu, alors que le Directeur est dans ses prérogatives ? Je ne comprends pas, je ne comprends vraiment pas ce qui se passe. Je souhaiterais avoir des réponses parce que, depuis que j’ai signé ce contrat avec le Fitheb, donc, avec l’Etat, je travaille à la création de ce spectacle, de même que chacun des acteurs qui y sont impliqués. Nous n’avons pas osé prendre d’autres engagements ; j’ai décliné pas mal de propositions, compte tenu de ce contrat signé avec le Fitheb, j’ai respecté ma part de contrat en me rendant disponible. Alors, il est de bon ton que j’exige des explications.  Comment je nourris ma famille en respectant des contrats qui ne me respectent pas ?

Peut-on avoir une idée du nombre de personnes que vous avez mobilisées dans le cadre de la réalisation de ce contrat passé avec le Fitheb ?
Il y a une douzaine de personnes qui constituent l’équipe artistique et technique de cette création. Une douzaine de personnes, c’est donc à une douzaine de familles qu’on cause un tort. Même si j’estime que les fonds qui nous sont alloués pour faire la création, c’est-à-dire, quatre millions neuf cent quatre-vingt quinze mille francs (4.995.000 F) Cfa, sont presque minimes, il est de bon ton de dire qu’il est une bonne chose que le Fitheb puisse donner des moyens à des artistes pour créer ; je suis plus fier de dire que j’ai reçu une subvention de l’Etat Béninois que de dire que j’en ai reçu du colon, parce que cela voudra dire qu’enfin, dans mon pays, on commence à comprendre que la culture est importante pour le développement.

Dans votre propos, vous avez, à plusieurs reprises, interpellé le Ministre de la Culture. Vous êtes-vous rapproché de ses services pour voir à quel niveau se trouvait le blocage par rapport au décaissement des fonds ?
Je ne me suis pas rapproché du Ministre de la Culture, ni du Ministère; c’est pour cela que je parle par voix de presse parce que, justement, comme je le disais tantôt, je suis tout aussi occupé que M. le Ministre de la Culture et les cadres du Ministère. Et, j’ai horreur d’aller demander audiences sur audiences, parce qu’on sait combien c’est difficile de rencontrer une personnalité politique. Moi, je suis une personnalité artistique comme tout artiste ; c’est nous qui représentons notre pays, notre culture à l’extérieur ; si le monde n’était pas à l’envers, c’est auprès des artistes qu’on demanderait audience. Et, pourtant, pour nous rencontrer, nous autres, ce n’est pas si compliqué que cela. Si je sais que j’ai horreur de perdre du temps à demander audiences sur audiences, je sais aussi que je peux facilement parler à M. le Ministre, très respectueusement, à travers la presse, c’est pour cela que je le fais. 

Ne pensez-vous pas que ce blocage de votre financement soit un peu lié à la situation actuelle au Fitheb ? La désignation d’un nouveau Directeur ?
En principe, cela ne devrait pas être lié à cela. J’estime que mon pays est encore un pays où l’on peut être raisonnable. M. Pascal Wanou n’a pas fini son mandat puisque nous ne sommes pas encore en janvier. Il a le droit de prendre des initiatives et de mener ses activités, encore que le Conseil d’administration n’y trouve pas d’inconvénients.  Nous avons appris que le Conseil d’administration du Fitheb a désigné un nouveau Directeur en la personne de M. Erick-Hector Hounkpè. Cette désignation a été accueillie avec joie et, pour cause, l’homme qui a été choisi est un homme respectable, un artiste convaincu et capable de bien diriger l’institution. Ce que je déplore et que je veux encore déplorer ici, c’est qu’on attende toujours la veille de l’événement pour passer à un autre Directeur. Ce n’est pas normal. Dans un pays où l’on sait ce que c’est véritablement que d’organiser un festival, c’est au moins un an avant qu’on installe le nouveau directeur, c'est-à-dire qu’il commence à travailler avec le directeur sortant en vue d’un bon passage de témoin. Donc, je pense qu’il faut rompre avec les mauvaises habitudes.
Et, l’autre chose que je voudrais dire, c’est que, nous avons la chance, en tant qu’artistes, de voyager de par le monde ; il n’y a pas longtemps, j’étais au Festival d’Avignon qui est l’un des plus grands rendez-vous du théâtre au monde ; les deux co-Directeurs, Hortense Archambault et Vincent Baudriller, viennent de passer dix ans à la tête du Festival d’Avignon. Le Festival est fortement soutenu par l’Etat français.
Il n’y a qu’au Bénin qu’un festival de l’envergure du Fitheb se dirige sur quatre ans. C’est une énormité jamais vue ailleurs dans le monde. Que voulez-vous demander comme bilan à un directeur de festival qui ne le dirige que pendant quatre ans ? Et, pire, en quatre ans, il n’organise que deux fois le festival. Faisons un constat simple. Depuis que le Fitheb existe, il n’est pas doté de moyens techniques suffisants, pas d’assez de projecteurs, pas de matériel son, ni de véhicules de transport de matériel, etc., alors que de petits festivals arrivent à s’équiper. Si un directeur ne reste pas assez longtemps, comment peut-il améliorer le fonctionnement de l’institution ? De toute façon, pour diriger correctement un festival, on a besoin d’organiser un minimum de cinq, à six, à sept fois l’événement, le temps de prendre le pool, de s’installer, de tâtonner, de maîtriser puis de faire grandir le festival.  Qu’on le veuille ou non, l’envergure du Fitheb est telle que l’événement est une fierté, non pas que du Bénin, mais de l’Afrique. Alors, il est temps que nous grandissions d’abord dans la tête pour que la fierté nationale prenne le devant au détriment des ambitions personnelles.

Concrètement, pensez-vous que le prochain Fitheb peut encore avoir lieu en mars 2014 ?
En principe, le rendez-vous est fixé pour 2014 ; on a intérêt à ce que cela tienne en mars 2014. Je ne sais pas où en est la machine Fitheb, par rapport à cela …

Est-ce que vous pensez que cela soit techniquement possible, avec un Directeur sortant qui est toujours en fonction et un Directeur désigné qui n’est pas encore installé ?
Techniquement, c’est très difficile mais, objectivement, il n’est pas bon que l’événement n’ait pas lieu. Et, pour cela, il faut aller le plus vite possible.

Aller le plus vite possible, cela suppose quoi ?
Cela suppose qu’il faut mettre qui il faut à la place qu’il faut. Cela suppose que si Erick-Hector Hounkpè a été désigné par le Conseil d’administration, il faut déjà prendre les dispositions pour qu’il soit investi dans ses fonctions. C’est de cela qu’il s’agit. Mais, on entend parler de réformes. Oui, il faut qu’il y ait des réformes pour faire évoluer le Fitheb mais, en quoi les réformes qu’on est en train d’entreprendre doivent-elles retarder l’installation du nouveau Directeur ? On ne change pas les règles du jeu en plein jeu ; ce n’est pas normal. Les réformes, oui mais, il faut savoir quand les faire, il faut prendre le temps d’y penser. Pourquoi ne pas commencer à faire un travail sur les réformes, pendant qu’on a fini un événement et qu’on est entre deux événements, par exemple ? On a, alors, largement le temps de faire des réformes, d’expérimenter des choses ; ce n’est pas en fin de mandat et à l’approche d’un nouveau Fitheb. Je ne sais pas concrètement ce que les réformes vont pouvoir donner. Je ne sais pas si ce sont les réformes dont on nous parle qui bloquent les activités du Fitheb en ce moment ; il y a des créations qui doivent être faites. Encore que, ce que je ne comprends pas, c’est qu’il y a un budget disponible. il faut laisser la Direction du Fitheb fonctionner comme il faut. Si le budget qui est encore disponible ne s’utilise pas, que nous dira l’Etat béninois ? Il dira : « En fait, le budget qu’on vous alloue est déjà tellement trop gros que vous n’arrivez pas à l’épuiser. Donc, désormais, on le reverra à la baisse ». C’est normalement comme cela que cela fonctionne.

Par rapport aux idées que vous venez d’émettre sur le fonctionnement futur du Fitheb, en vous inspirant du Festival d’Avignon, les avez-vous proposées au Comité de Suivi mis en place, entre temps, par le Ministre de la Culture, suite aux Journées de réflexion de Grand-Popo ?
Comme je suis souvent en train de voyager, je n’étais pas là, lors des travaux du Comité de suivi, mais j’ai écrit un petit texte par lequel j’ai soumis ces idées à Alfred Fadonougbo qui est à la tête du Réseau des comédiens du Bénin, dont je suis le Secrétaire général. Mais, je suis persuadé que, par pur intérêt, il y a plein d’artistes qui ne veulent pas de ce système qui veut qu’un directeur de festival soit élu pour longtemps. Moi, je ne cherche pas, un jour, à diriger le Fitheb, je suis un artiste de plateau. Mais, il y en a, parmi nous, des artistes qui ont les capacités de diriger le Fitheb. Il y en a qui ont les capacités de diriger  et, ceux-là, il faut les soutenir. Tout Directeur, en venant à tête du Fitheb, doit pouvoir, en partant, l’améliorer très sensiblement.
Depuis que cet événement existe, il n’a pas véritablement d’infrastructures ; jusqu’au Fitheb passé, on avait toujours des problèmes de projecteurs, alors que cette manifestation culturelle devrait pouvoir avoir de l’équipement son et lumière. Si cela ne se fait pas, c’est parce qu’on ne peut pas élire un directeur qui viendra faire plus de quatre ans pour mettre en place un bon plan d’équipement du Festival ! Ce dont je parle là, je voudrais franchement que M. le Ministre s’y penche, prenne des dispositions pour qu’on en finisse avec cette histoire de quatre ans au Fitheb. Faites le bilan de ce processus et vous verrez que les gens se succèdent à la direction du Fitheb sans que grand-chose ne change. Il y en a qui font des efforts, c’est clair mais, depuis que le Fitheb existe, il n’arrive pas à s’équiper comme il faut, c’est quand même dommage ! Qu’on aille jouer à Abomey, à Bohicon, à Porto-Novo et qu’on ait encore des problèmes de projecteurs, des problèmes de salles, des problèmes de son, ce n’est pas normal ; il y a des lieux privés qui n’ont pas autant de moyens, qui n’ont pas le centième du budget du Fitheb et qui arrivent, petit à petit, à s’équiper mais, pourquoi pas le Fitheb ? Mettez quelqu’un pour dix ans et jugez-le sur ce qu’il a pu faire.

Si nous revenons à cette situation du contrat que le Fitheb de Pascal Wanou a signé avec vous et qui n’est pas encore honoré, en ce qui concerne le financement, avez-vous un mot de fin ?
J’ai un mot de fin : je voudrais dire très respectueusement à M. le Ministre de la Culture de bien vouloir se pencher sur cette situation, parce que je ne sais plus à qui parler, il est mon ministre de tutelle ; je passe par la voie qui, à mon avis, pourrait être la plus rapide, celle de la presse, pour lui dire de bien vouloir dénouer la situation. Je pense que M. le Ministre serait honoré de voir ces créations se faire et voir la grande salle du Fitheb s’animer. Donc, je voudrais attirer son attention sur le fait qu’il y a des blocages que je ne connais pas, que je ne maîtrise pas ; il pourrait éventuellement essayer de voir ce qui fait que cela ne se règle pas. Je sais qu’il est très occupé, tout aussi occupé que moi, mais je souhaiterais qu’il fasse un petit effort pour vérifier ce qui se passe.

Propos recueillis par Marcel Kpogodo